« Ceux qui résistent au phénomène passent à côté de leur époque » affirmait sans nuance l’écrivain François Bon à propos du phénomène des blogs dans le Télérama de la semaine dernière. En voilà une belle angoisse. Une angoisse qui ne m’affectera pas puisque j’ai désormais mon blog. Sauf que je ne sais qu’en faire.

Je dois d’abord confesser que oui, j’ai longtemps résisté. L’idée d’écrire et la possibilité d’être lu est excitante. L’expérience du blog n’a pourtant rien de spectaculaire : des tas d’autres l’ont réalisée avant moi. Mais c’est tentant et je suis si faible, voila tout.
La démarche implique une certaine dose d’immodestie. Publier un blog suppose de croire un minimum qu’on a quelque chose d’intéressant à dire. Rassurez-vous, ça n’est pas mon cas : je ne crois en moi que par obligation. Et surtout par obligation professionnelle. Vous jugerez si les justifications sont satisfaisantes. J’y reviendrai si nécessaire.
Désormais, j’ai donc un blog. C’est attachant un blog vous savez, personne n’a l’adresse et je m’y connecte déjà plusieurs fois par jour. J’écris des trucs, je les efface, je fais des essais : « j’ai publié, tu me reçois ? », « affirmatif, 5 sur 5 ». Mais, jusqu’à ce soir, je n’avais pas encore eu la force d’affronter cette question terrifiante : que vais-je faire de cet espace de liberté sans fin ?
J’ai un début de réponse. Pour ceux qui me connaissent -bien, peu, mal ou beaucoup-, on peut considérer qu’il s’agira essentiellement de poursuivre, sous une forme un peu différente, toutes les correspondances que j’ai entretenues avec vous. Auxquelles s’ajouteront celles qu’on aurait pu avoir ensemble, mais que l’on n’a pas eues. Et celles que l’on n’aurait jamais eues, parce que la vie est ainsi faite.