La fête de lancement de Lille 3000 – Europe XXL vue par les reporters de la Voix du Nord.

Samedi dernier, tel Charlie dans les livres-jeux de Martin Handford , j’étais parmi la foule bigarrée massée dans le centre de Lille. En effet, ce 14 mars avait lieu la parade inaugurale d’Europe XXL, le nouveau thème de la fête culturelle récurrente initiée par Martine et Didier en 2004. L’évènement a tenu ses promesses, réunissant pas loin de 200 000 personnes – poussettes et CRS compris. Le spectacle était honnête, seul un contribuable aigri en disconviendrait. Ce n’est pas mon cas. Pour tout vous dire, j’offre une bonne résilience aux traumatismes fiscaux régulièrement infligés par Martine aux habitants de la métropole socialiste.
Le lendemain, dimanche 15 mars, j’achetai dans une boulangerie un exemplaire de la Voix du Nord, le célèbre quotidien régional, doté de son épais supplément annonces. Je dois l’avouer, j’ai éprouvé beaucoup de plaisir à la lecture du dossier « Une fête…XXL » consacré aux évènements de la veille. Souvent lyriques, n’ayant jamais peur d’en faire trop, les reporters ont livré un récit savoureux de la soirée, émaillé de témoignages essentiels. Petite synthèse à partir d’authentiques extraits.
Ça démarre avec des « banderilles de flammes » qui « jaillissent » du sommet de la gare, mais ne tuent heureusement personne. En arrière fond, une musique qui a bien « déchiré » Maeva et Nicolas, 24 et 26 ans, respectivement de Lille et de Paris. Emmanuel et Gaël, quant à eux, ont regardé le début de la parade sur le net, « pour savoir ce qui était intéressant », avant de se rendre Square Foch, pour assister aux chants des chorales. Damned, les chorales « n’étaient pas très bien sonorisées ». Gaël, déjà « à moitié sourd », était un peu fumasse. On le comprend. La parade chemine ensuite jusqu’à la rue Nationale dans une « belle lenteur ». Puis, avec une repoussante rapidité, les premiers « coups de semonce » [du feu d'artifice concocté par le groupe F] ont « ébranlé la nuit ». Fier de son indiscrétion, le journaliste rapporte qu’un « mâle », pour railler sa « biche apeurée« , qualifie ces bruits assourdissants de «claques doigts ». Evidemment, « le bougre n’a encore rien vu ». Et pour cause : quelques lignes plus loin, on apprend, stupéfait, qu’ « hier soir, on aurait entendu un coq chanter tant la voûte étoilée a été sauvagement pilonnée ». Dieu merci, peu d’enfants lisent la Voix du Nord ! A la décharge du journaliste, j’ai moi-même entendu un ami déclarer, alors qu’était tiré le bouquet final, « ça me rappelle ma première fois ». Résultat : le feu d’artifice nous « laisse les mirettes en capilotade ». Il faut dire que le « gigantesque brasier » a, dans ses meilleurs moments, pris une ampleur « gouleyante ». Une fois le feu terminé, « loin au dessus des têtes plane de temps en temps un feu follet, emporté par le vent comme un pissenlit à la mèche allumée ». S’agit-il des mauvaises herbes fumées par les jeunes créatifs qui peuplent la dynamique capitale des Flandres ? Pendant ce temps là, d’autres rigolaient moins. Michel notamment, qui avait pour mission de surveiller un des bébés-démons installés rue Faidherbe. Le pauvre, il a manqué de se faire voler le casse-croûte imprudemment entreposé sur le socle de la statue. Mais aussi la chanteuse de la chorale des mineurs polonais de Douai, prise d’un étrange malaise vers 17h30. L’auteur de la brève explique la défaillance de la septuagénaire par la possible peur de « rater une double croche ». Pour finir, à la rubrique « c’est raté », la Voix du Nord rapporte que, malgré la foule, les hôtels étaient vides. « C’est mort de chez mort » témoigne une assistante de direction d’un hôtel Place de la Gare. Au même moment, le médecin d’Alain Bashung faisait le même constat. Triste soir pour la culture.
La démocratie peut dormir sur ces deux oreilles, la presse veille.
Un Commentaire
et bien moi je suis fan de tes articles quoi qu’on puisse en dire ! lol